Ophtalmie des neiges : symptômes, que faire et comment l'éviter

Masque de ski et tasse de thé sur une table de chalet, face aux sommets enneigés

Une belle journée de ski, grand soleil, neige fraîche… et le soir, les yeux qui brûlent, qui pleurent, impossible de supporter la lumière de la lampe. Tu viens peut-être de faire une ophtalmie des neiges. C'est un vrai coup de soleil, mais sur les yeux. Voici comment la reconnaître, quoi faire si ça t'arrive, et surtout comment l'éviter.

Cet article donne des repères généraux. Il ne remplace pas l'avis d'un médecin : en cas de douleur aux yeux ou de baisse de la vue, consulte.

L'ophtalmie des neiges, c'est quoi ?

L'ophtalmie des neiges est une brûlure de la surface de l'œil (la cornée et la conjonctive) causée par les rayons ultraviolets. Les médecins parlent de photokératite. On l'appelle aussi « cécité des neiges », même si on ne devient pas aveugle : la vue se trouble et les yeux deviennent si douloureux qu'on a du mal à les ouvrir.

C'est le même principe qu'un coup de soleil sur la peau : les UV abîment les cellules de surface, puis l'inflammation arrive quelques heures plus tard.

Pourquoi la neige est si dangereuse pour les yeux

Trois choses s'additionnent en montagne :

  • La neige renvoie les UV. La neige fraîche peut réfléchir jusqu'à 80 % des UV vers ton visage : c'est l'effet albédo. Tes yeux reçoivent les rayons du ciel et ceux qui remontent du sol.
  • L'altitude augmente les UV. L'air est plus fin et filtre moins : environ 10 % d'UV en plus tous les 1 000 mètres.
  • On ne sent rien. Il fait froid, le soleil ne chauffe pas, et même par temps voilé une partie des UV passe. On enlève son masque « juste pour une piste », et le mal est fait.

Qui est le plus exposé ?

  • Les skieurs et snowboardeurs qui roulent sans masque ni lunettes, ou avec des lunettes de ville sans filtre UV vérifié.
  • Les randonneurs à ski et les alpinistes, longtemps sur la neige et souvent en altitude.
  • Les enfants, dont les yeux laissent passer plus d'UV que ceux des adultes.
  • Tous ceux qui retirent leur protection en télésiège, en terrasse d'altitude ou lors d'une pause au soleil.

Les symptômes de l'ophtalmie des neiges

Le piège, c'est le délai : les signes n'apparaissent pas tout de suite, mais souvent plusieurs heures après l'exposition (en général 6 à 12 heures). Beaucoup de skieurs ne font donc pas le lien avec leur journée.

  • Douleur ou brûlure dans les deux yeux.
  • Sensation de sable ou de corps étranger sous les paupières.
  • Yeux rouges, larmoiement important.
  • Gêne forte à la lumière (photophobie), paupières qui se ferment toutes seules.
  • Vision floue, parfois halos autour des lumières.
  • Paupières gonflées.

Ces symptômes ressemblent à ceux d'autres problèmes (corps étranger, infection, plaie de la cornée). Seul un médecin peut confirmer qu'il s'agit bien d'une ophtalmie.

Que faire en cas d'ophtalmie des neiges ?

Le plus important : consulte un médecin ou un ophtalmologiste. En station, le cabinet médical ou la pharmacie peuvent t'orienter. En attendant :

  • Mets-toi à l'abri de la lumière : pièce sombre, ou lunettes de soleil à l'intérieur.
  • Retire tes lentilles de contact si tu en portes, et ne les remets pas avant l'avis du médecin.
  • Ne te frotte pas les yeux : la surface est déjà abîmée.
  • Des compresses froides sur les paupières fermées peuvent soulager.
  • Pas de collyre « au hasard » : n'utilise que ce qu'un professionnel de santé t'a conseillé.
  • Ne retourne pas sur les pistes tant que tes yeux ne sont pas guéris.

Consulte en urgence si la douleur est très forte, si ta vue baisse nettement, si un seul œil est touché ou si les symptômes ne s'améliorent pas.

Combien de temps ça dure ?

Dans la plupart des cas, l'ophtalmie des neiges guérit en un à trois jours, car la surface de l'œil se répare vite. Mais ces jours-là sont souvent pénibles, et des expositions répétées aux UV sans protection sont associées, sur le long terme, à des atteintes de l'œil comme la cataracte. Mieux vaut ne pas la faire du tout.

Comment éviter l'ophtalmie des neiges

1. Ne jamais rester les yeux nus sur la neige

Masque ou lunettes de soleil, du premier au dernier virage, et aussi en télésiège, en terrasse et pendant les pauses. Même par temps gris.

2. Un vrai filtre UV, vérifié

La teinte ne dit rien de la protection UV. Un verre foncé sans filtre est même pire : la pupille s'ouvre derrière et laisse entrer plus d'UV. Cherche le marquage CE et la bonne norme : EN ISO 18527-1 pour un masque de ski, EN ISO 12312-1 pour des lunettes de soleil. La mention UV400 indique un filtrage jusqu'à 400 nanomètres.

3. La bonne catégorie

Au ski, la catégorie 3 (S3) convient au grand soleil, la catégorie 2 (S2) au temps variable. La catégorie 4 est faite pour le glacier et la très haute altitude, et elle est interdite pour conduire. Tout est expliqué dans notre guide catégories de lunettes de soleil et UV400.

4. Une protection qui couvre les côtés

Sur la neige, la lumière arrive aussi d'en bas et de côté. Le masque de ski est ce qui protège le mieux, car il épouse le visage. En ski de randonnée ou en raquettes, une paire de lunettes de soleil enveloppante peut suffire si sa catégorie est adaptée (voir notre guide lunettes de randonnée en montagne).

5. Prévoir une solution si tu portes des lunettes de vue

Skier avec ses lunettes de vue seules, c'est souvent skier sans filtre UV adapté. Il existe des masques qui passent par-dessus les lunettes et des clips optiques : on t'explique tout dans masque de ski et lunettes de vue.

6. Protéger les enfants en premier

Un masque à leur taille, qu'ils gardent sur les yeux, et pas sur le casque. C'est souvent là que la protection s'arrête.

Notre masque de ski

Notre masque de ski Blizzard a été testé en laboratoire selon la norme EN ISO 18527-1 : écran S2 ou S3 selon le coloris, filtre UV400. Il est livré avec un deuxième écran noir S3 pour les grandes journées de soleil, un clip optique pour les porteurs de lunettes et une housse. Pour bien choisir, lis notre guide comment choisir son masque de ski, ou va voir tous nos masques de ski.

Questions fréquentes

L'ophtalmie des neiges est-elle grave ?

Elle est très douloureuse mais, dans la plupart des cas, elle guérit en un à trois jours sans séquelles. Elle doit quand même être vue par un médecin, car d'autres problèmes plus graves peuvent donner les mêmes symptômes.

Peut-on avoir une ophtalmie des neiges par temps nuageux ?

Oui. Une partie des UV traverse les nuages et la neige continue de les renvoyer. Par temps couvert, garde ta protection et choisis simplement un écran plus clair.

Combien de temps après l'exposition apparaissent les symptômes ?

Souvent plusieurs heures après, en général entre 6 et 12 heures. C'est pour ça qu'on se réveille parfois la nuit avec les yeux qui brûlent.

Des lunettes de soleil suffisent-elles pour éviter l'ophtalmie des neiges ?

Elles peuvent suffire si elles filtrent vraiment les UV (CE, EN ISO 12312-1, UV400), si la catégorie est adaptée et si elles couvrent bien les côtés. Sur piste, un masque reste plus sûr.

Quelle différence entre ophtalmie des neiges et effet albédo ?

L'effet albédo, c'est la cause : la neige qui renvoie les UV vers tes yeux. L'ophtalmie des neiges, c'est la conséquence : la brûlure de l'œil quand il n'est pas protégé.